Quel rôle dans la séquence électorale ? Un choix collectif pour préserver nos valeurs et notre énergie militante
Depuis sa création, le Collectif Pour Romans incarne une autre façon de faire de la politique : horizontale, radicale et ancrée dans les luttes pour la justice sociale, l’écologie et l’émancipation collective. Nous sommes né·e·s d’une volonté claire : rompre avec les logiques partisanes et construire une alternative citoyenne, féministe et contre toutes les formes de discriminations, où chaque voix compte et où l’action prime sur les calculs électoraux.
Association d’éducation populaire et politique depuis mars 2020, le CPR n’est pas un parti. Après avoir constaté que l’union s’était construite sans le CPR ni la France Insoumise (deux acteurs majeurs de la gauche romanaise en 2020), nous nous sommes interrogé·e·s : quelle doit être la place d’un collectif comme le nôtre dans cette séquence électorale ?
Nos objectifs restent inchangés :
• Faire émerger une gouvernance municipale alignée sur nos valeurs (justice sociale, écologie radicale, antiracisme, féminisme).
• Lutter contre l’extrême-droitisation incarnée par douze ans de mandat Thoraval, dont les politiques ont creusé les inégalités et normalisé la répression.
Pourtant, nous ne pouvons pas nous associer à une dynamique tournée vers le centre. L’histoire, locale comme nationale, montre que cette stratégie échoue à long terme face à l’extrême droite. Les études, les retours d’expérience et les faits le confirment : le recentrage affaiblit la gauche en diluant son message, sans garantir de victoire durable.
C’est ainsi que nous sommes en profond désaccord, avant tout stratégique, et non personnel, avec la liste « Tous pour Romans ». Toute autre interprétation serait fallacieuse, et ne servirait qu’à alimenter des divisions inutiles entre les forces de gauche. Le désaccord politique n’exclut pas le respect : c’est même sur ce principe que nous nous sommes construit·e·s.
Des méthodes incompatibles et des violences politiques.
Notre choix de ne pas rejoindre cette liste s’inscrit aussi dans une résistance aux méthodes qui nous ont été imposées. Car en politique, comme le dit l’adage, « la forme, c’est le fond qui remonte à la surface » : des processus opaques, des décisions verticales et un mépris pour nos modes d’action (éducation populaire, horizontalité, ancrage territorial) nous ont confirmé que cette alliance n’était pas la nôtre. Ce n’est pas anecdotique : c’est le cœur même de notre engagement.
Notre participation aux discussions avec la liste « Tous pour Romans » a révélé des divergences fondamentales, mais aussi des comportements inacceptables qui ont marqué cette période.
• Des logiques partisanes et opaques : Là où nous défendons la transparence, la démocratie participative et l’intelligence collective, nous avons été confronté·e·s à des décisions imposées sans véritable débat, des échanges stériles et une condescendance systématique envers nos propositions. L’exemple le plus frappant reste l’élargissement au centre et la désignation prématurée d’une tête de liste, deux choix que nous refusons catégoriquement.
• Un mépris pour notre approche militante : Notre façon de faire de la politique, conviviale, inventive et ancrée dans l’éducation populaire, a été ignorée, moquée ou rejetée. On nous a demandé, implicitement ou explicitement, d’abandonner ce qui fait notre force et qui a pourtant fait ses preuves en 2020 : faire de la politique autrement.
• Des violences politiques : Plusieurs de nos camarades ont subi des intimidations, des mensonges et des pressions de la part de soutiens de « Tous pour Romans », que ce soit sur les réseaux sociaux, dans des échanges WhatsApp ou lors de rendez-vous publics. Ces attaques, parfois personnelles, ont épuisé et blessé des militant·e·s dont le seul tort était de défendre nos valeurs et de porter des désaccords politiques.
• Des désaccords de fond non résolus : Sur des sujets cruciaux comme la fiscalité, la sécurité ou les enjeux (inter)nationaux, nos positions ont été invisibilisées ou diluées, au profit de compromis dans lesquels ne nous reconnaissons pas.
• Une récupération de notre légitimité : Notre présence a trop souvent servi de caution démocratique et citoyenne à des pratiques que nous rejetons. Nous refusons d’être l’alibi d’un fonctionnement autoritaire et clientéliste, masqué sous des apparences de pluralisme.
Ce qui compte : transformer le réel, ici et maintenant.
Le CPR est aujourd’hui un collectif féministe, antiraciste, écologiste et anticolonialiste. Ces valeurs ne sont pas négociables.
C’est ainsi que nous croyons en une politique qui :
• Redonne la parole et le pouvoir aux habitant·e·s, en particulier à celles et ceux qui en sont privé·e·s.
• Combat toutes les oppressions, sans hiérarchie ni compromis.
• Place l’urgence sociale et écologique au cœur de l’action.
• S’appuie sur l’éducation populaire et la mobilisation collective, parce que le changement vient d’en bas.
Depuis plus de cinq ans, des militant·e·s du CPR s’investissent dans de nombreuses luttes, mouvements et associations qui résistent et transforment nos réalités locales. Que ce soit à travers un café associatif, un journal militant et un travail souvent invisible de mise en lien et de soutien aux initiatives locales, ces engagements bénéficient de nos expériences passées et actuelles. Se retrouver au sein du CPR pour prolonger ces combats est une force.
Briguer le pouvoir municipal peut être un prolongement de notre action, mais ce n’est pas une fin en soi. Face à ce constat de désaccord politique et stratégique, et face aux violences subies par nos camarades (méthodes et comportements inacceptables), nous choisissons la clarté, l’intégrité et la préservation de nos militant·e·s.
Notre décision : non-participation du CPR aux municipales sur une liste.
Le Collectif Pour Romans ne participera pas aux municipales de 2026 sur une liste. Cette décision, fruit d’une réflexion collective, est assumée pleinement.
Nous encourageons cependant les militant·e·s qui souhaitent s’engager à titre individuel dans les luttes électorales ou citoyennes qui leur semblent justes, à condition de respecter les principes suivants :
• Ne pas associer le CPR à leur démarche pendant la campagne : Ne pas s’en revendiquer, ni parler en son nom, ni l’engager dans une initiative extérieure. Ne pas utiliser son image, son logo ou sa notoriété sans accord explicite.
• Faire preuve de transparence : Assumer publiquement que leur engagement est personnel et non collectif. Éviter toute ambiguïté sur leur position vis-à-vis du CPR.
• Respecter notre travail sans le plagier : S’inspirer de nos outils, méthodes ou propositions, mais les actualiser et les adapter à leur contexte. Ne pas reproduire nos contenus sans les créditer ou les réinventer.
Nous invitons tout à chacun à chacun·e de s’engager selon ses convictions, tout en préservant l’autonomie et l’intégrité du collectif.
Le rôle clé du CPR : éducation populaire et résilience
Si nous ne serons pas sur une liste, le CPR reste un acteur essentiel pour :
• Alerter et mobiliser les citoyen·ne·s sur des enjeux majeurs (logement, écologie, antiracisme, sécurité alimentaire…).
• Interpeller les listes candidates sur leurs engagements concrets, en exigeant des réponses claires et des actes.
• Faire vivre des idées à travers des ateliers, débats et mobilisations, pour maintenir un espace de réflexion et d’action collective.
Après des mois marqués par les tensions, les désillusions et les violences, nous avons besoin de retrouver notre force collective et notre capacité à agir ensemble. Ce moment doit nous permettre de nous accorder un temps de résilience, pour reconstruire notre énergie militante et clarifier nos priorités.
Nous continuerons à agir avec radicalité et enthousiasme, en nous appuyant sur ce qui fait notre force : notre ancrage local, notre engagement dans l’éducation populaire et notre solidarité. Ce recentrage est essentiel pour poursuivre nos combats avec détermination, tout en préservant ce qui nous unit.
En conclusion : nous restons en mouvement
Nous quittons cette dynamique sans regret, car nous refusons de nous diluer dans un projet qui n’est plus le nôtre, qui se fait malgré nous, et nous refusons que nos camarades subissent davantage de violences pour une alliance qui ne les respecte pas. Mais notre combat pour une ville plus juste, plus écologique et plus démocratique ne s’arrête pas.
Le Collectif Pour Romans poursuit son chemin :
• Ancré dans les quartiers.
• Fidèle à ses valeurs, ses méthodes et ses objectifs.
• Résolu à construire des alternatives réelles, concrètes, ici et maintenant.
Parce que la politique ne se réduit pas à une élection. Elle se vit chaque jour, partout, et nous continuons.
Contacts presse :
contact@collectifpourromans.org