Coup de projecteur#2
#transitionécologique

Le vélo en ville, c'est pas si facile

Un petit point sur mon expérience personnelle

Je suis assistante maternelle à Romans et je fais du périscolaire. Je vais à l’école Jules NADI tous les jours. Dans un premier temps, j’utilisais une poussette mais l’état des trottoirs, notamment ceux des rues Auguste PAILHEREY et Régis GIGNIER, étaient trop dégradés pour être praticables. Entre les trous, les bateaux devant les passages piétons souvent trop hauts, voire inexistants, et les feuilles mortes qui peuvent s’accumuler des mois (contrairement à l’avenue Gambetta où les souffleurs n’hésite pas à passer régulièrement à 6h30 le matin), c’était trop difficile. J’ai longtemps cherché une alternative à la poussette. Plusieurs options s’offraient à moi : une remorque, des portes bébé (sur le porte bagage et/ou entre la selle et le guidon), biporteurs etc.

Une remorque à fixer derrière le vélo
Un vélo avec deux portes bébés
Un biporteur avec 2 places enfants

J’ai finalement opté pour un triporteur pour que les enfants ne soient pas au ras du sol (à proximité des pots d’échappement), je voulais aussi les avoir face à moi et qu’il·elle·s aient des ceintures de sécurité. Un autre atout non négligeable : l’assistance électrique. 

Je me suis vite rendue compte que le vélo en ville c’est l’épreuve du combattant ! ​

Déjà, il faut trouver des pistes cyclables, parce que sorti des grands axes, ou des zones touristiques, elles sont assez rares dans la ville. Ensuite, on doit faire face aux incivilités : en effet, certaines personnes ont tendance à les confondre avec des dépose-minutes ou des places de parking selon les cas. Puis, quand il y a des travaux, les pistes sont annexées, parfois pour plusieurs jours, sans déviation sécurisée bien évidemment. La cohabitation est également compliquée avec les automobilistes, le plus souvent de manière inconsciente, mais pas que. Chaque jour, je me fais griller des priorités ou une voiture passe trop vite et trop à côté de moi, au risque de me renverser. Même en faisant abstraction de tout cela, il reste l’état des routes, surtout lorsque l’on s’éloigne du centre-ville : nids de poule et bouches d’égout plus ou moins de niveau se mettent soudain à fleurir dans tous les sens ! Un vrai bonheur !

Le triporteur participant à un atelier “Porteur de Paroles” avec le Collectif pour Romans.

Les cyclistes ne sont clairement pas considéré·es par la ville de Romans : il suffit de regarder l’étroitesse des pistes cyclables sur la place Jean Jaurès… après les travaux ! Les voitures sont tellement proches de nous que nous risquons à tout moment de nous faire heurter par des rétros. Mais au moins, il y en a, ce n’est pas le cas de la plupart des rues… Enfin, sauf à côté de Marques Avenues, car là, sur une petite portion de route, nous avons LA piste cyclable réellement spacieuse et sécurisante de Romans.

Être cycliste dans ces conditions, c’est un acte militant et engagé ! ​

Mon triporteur, je l’utilise au quotidien pour mes déplacements privés et professionnels. Il y a 4 places pour enfants dedans. Je les promène régulièrement, elles·ils adorent ça. Même quand nous partons sous la pluie ! Pour ma part, je suis plus partagée puisque contrairement à eux·elles, je n’ai pour unique protection qu’un poncho imperméable et mon casque… Je pourrais aussi bien utiliser ma voiture. Cependant, je pense que préserver l’environnement commence par de petits gestes de tous les jours et tant pis, si je dois être un peu mouillée ! Bien sûr, je préfère pédaler lorsqu’il fait beau et sec ! 🙂

Des pistes inspirantes !

Copenhague et Amsterdam sont actuellement classées parmi les meilleures villes d’Europe pour les cyclistes, mais certaines villes françaises ont déjà commencé à développer la place des vélos, c’est notamment le cas à Strasbourg, Bordeaux, Paris, Nantes etc.

Parking à vélos à la gare d'Amsterdam (10 000 places)
La Cykelslangen Bike Lane de Copenhage, rampe uniquement destinée aux vélos et aux piétons

La FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) a organisé du 9 septembre au 30 novembre 2019 une enquête nationale “Baromètre Parlons vélo des villes cyclables 2019”. Les citoyen·nes étaient invité·es à s’exprimer sur la place des vélos dans les villes où elles·ils pédalent, qu’elles·ils soient habitant·es ou usager·ères. Les résultats ont été communiqués les 6 et 7 février 2020 lors du 20e congrès de la FUB à Bordeaux. Ils devraient permettre de placer la question des déplacements vélo au coeur des débats pour les élections municipales.

Les freins les plus fréquents aux déplacements en vélo sont le sentiment d’insécurité, le manque d’accessibilité des vélos (personnel ou en location) et le vol. À Romans, à part 6 stations de vélo installés en 6 ans, à des endroits plus ou moins stratégiques (Cité de la Musique, gare, quais de l’Isère, place Zamenhof, place Jean Jaurès et évidemment  Marques Avenue), il n’y a pas eu de réelle amélioration. Vous pourrez trouver d’ailleurs à la fin de cet article tous les commentaires écrits par les habitant·es et usager·ères de la ville à ce sujet lors de l’enquête de la FUB.

Voici quelques propositions que j’ai trouvées inspirantes pour sécuriser, améliorer le réseau cyclable de la ville :

🠊 Développement d’un réseau cyclable sur le modèle du Vélopolitain, se basant notamment sur le circuit de bus actuellement, mais aussi en faisant la connexion avec les différents quartiers de la ville. Des panneaux pourraient être placés régulièrement pour détailler le réseau, les directions et les temps de trajets ;
🠊 Installer systématiquement du mobilier urbain pour stationner les vélos aux abords des passages piétons, des commerces etc. ;
🠊
Afficher clairement la priorité du vélo lorsqu’une place est réaménagée par la mairie ;
🠊
Proposer des quartiers préservés des voitures, à l’exception des livreurs et des riverain·aines comme c’est le cas à Barcelone, ville bien plus grande que Romans…

Une piste cyclable du Vélopolitain à Paris
Des bacs à fleurs antivol

A Romans aussi c’est possible et j’espère que ça changera lors du prochain mandat !

Le triporteur est un excellent outil pour montrer que des alternatives aux voitures existent ! C’est fun, esthétique, pédagogique ! Mais juste une remarque : j’aimerai remplacer le terme mobilité douce par mobilité active ! Ce n’est pas doux une montée, même avec une assistance électrique, d’autant plus quand on se déplace avec quatre enfants !

J. V.

Lors des réunions du Collectif pour Romans les rares emplacements pour vélos sont pris d’assaut ! Mieux vaut ne pas arriver en retard !

Sources :

Justine Vial


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