Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Corinne MOREL-DARLEUX

Ce petit essai de quelques cent pages est très intéressant parce qu’il analyse avec justesse les causes d’un effondrement possible. Corinne MOREL-DARLEUX dénonce tous les excès du productivisme, l’indécence des richesses accumulées par une classe aisée sous les yeux d’une population toujours plus grande de ceux qui sont réduits à la misère. Comment, en France, accepter l’imposition lorsque les services publics se dégradent, que le train se meurt et que les hôpitaux ferment pendant que sont privatisés des services qui rapportent de confortables dividendes à leurs actionnaires.

Elle s’insurge contre la « croissance verte », véritable imposture qui prend en compte les effets des pollutions et ne s’attaque pas aux causes. L’extraction du pétrole continue d’augmenter et les banques d’investir dans les énergies fossiles, pendant que les déchets plastiques s’accumulent dans les océans.

Ce ne sera pas au plus fort de l’urgence dans un contexte de pénurie et de violence que l’on organisera des réseaux d’entraide … c’est aujourd’hui que l’après se construit.

Corinne MOREL DARLEUX
Conseillère Régionale en Auvergne Rhône Alpes, installée depuis dix ans dans le Diois

L’auteure fait la promotion de l’idée de « refus de parvenir », posture attribuée à Bernard MOITESSIER qui en 1969 en tête d’une course en solitaire autour du monde continua sa route vers les îles du Pacifique au lieu de remonter vers Plymouth en Angleterre pour recevoir son prix. Cet ouvrage cite abondamment des extraits de « La longue route » le récit de cet exploit exceptionnel. D’autres écrivain·es aujourd’hui disparu·es sont aussi cité·es comme références importantes : Pierre PASOLINI pour son indignation face à la disparition des lucioles, Romain GARY qui dans « Les racines du ciel » considère que lutter pour la protection des éléphants et de la nature, c’est aussi lutter pour le bien-être des hommes car nous faisons partie du monde vivant. Françoise HERITIER est également admirée pour son ouvrage résolument positif : « Le sel de la vie » .

« Cultiver mon jardin, lire et écrire, contempler, j’ai cette chance inouïe. Mais il y a cette petite voix, qui me souffle qu’on n’a pas le droit de flancher, qu’il faut encore faire société, apprendre, lutter et accompagner. »​

illustration coup de coeur 1

C’est sans doute une devise qui pourrait convenir à bon nombre des adhérent·es du Collectif pour Romans !

Denys CALU


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