Coup de gueule#7
#justicesociale

Suite à l'assassinat de Samuel PATY

Il est parfois bon de se taire. C’est dans le silence que se fait le recueillement, que s’apaise la tristesse, que retombe la colère. C’est dans ce silence que nombre d’entre nous ont honoré la mémoire, le travail et l’engagement de Samuel PATY, et avec lui, solidaires, celui du corps enseignant de la République.

C’est dans ce silence que se formule la pensée. Que l’on peut être plus fort une fois que nous nous reconnectons aux médias, aux réseaux sociaux. Et, découvrant les prises de position des un·es et des autres générées par un acte aussi horrible que l’assassinat de Samuel PATY, que nous condamnons fermement, que nous pouvons reprendre le combat.

Car non, réclamer davantage d’état d’urgence et de privation de libertés individuelles, ce n’est pas se battre pour la République. C’est abandonner même le terme de « Liberté » du fronton de nos mairies.

Car non, faire l’amalgame début avril ou maintenant, entre l’origine d’une personne, l’usage d’une langue, la croyance religieuse avec le terrorisme, c’est créer un « eux » contre un « nous ». Ce n’est pas se battre pour la République. C’est abandonner même le terme d’« Égalité » du fronton de nos mairies.

Car non, s’offusquer de l’apprentissage de l’arabe à l’école de la République, qui précisément joue là son rôle de garde-fou et d’ouverture aux cultures du monde, ce n’est pas se battre pour la République. C’est abandonner même le terme de « Fraternité » du fronton de nos mairies.

Le désengagement des pouvoirs publics, la priorisation permanente de l’économie financière au détriment de l’humain par nos gouvernants creusent les failles et les fractures de notre société. Il est urgent d’exercer notre esprit critique et mettre en actes nos aspirations à plus de libertés, d’égalité et de fraternité. Et cela commence par à ne pas réduire et instrumentaliser ceux de nos voisins et voisines, nos compatriotes, qui, par leur croyance, leur culture ou leur origine, ont en commun ce mot diabolisé : l’islam. Car à vouloir « passer des messages », ceux-ci produisent leurs effets

Nous écrivons enfin ces mots quelques temps après avoir appris que le siège du PCF avait été odieusement taggué. Episode qui montre encore une fois que le « binarisme » qui conduirait au séparatisme fait bien son lit dans l’ignorance, l’oubli, qui permettent tous les amalgames et toutes les vindictes. Que les effets d’annonces dans les médias et les gesticulations guerrières et cette surveillance massive, qui se traduisent en ce moment même avec ce 2ème confinement, des débats sur la proposition de loi « sécurité globale » et celle sur la programmation de la recherche, qui plantent un décor inquiétant, ne font qu’ajouter au bruit et donner l’impression qu’on agit dans un sens quand en réalité au mieux rien n’est fait, au pire le contraire de ce qui est revendiqué est ainsi organisé.

Il est alors bon de sortir du silence, sans ignorer les problèmes liés au fondamentalisme islamiste, que nous devons combattre, et surtout sans ignorer tous les autres problèmes de notre société, pour appeler à la raison, à l’unité, et au combat collectif pour la République sociale, démocratique et émancipatrice.

Le Collectif pour Romans


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