Coupdeprojecteur#15
#justicesociale, #transitiondémocratique

SFAM : un projet non adapté au territoire pourra-t-il se réaliser ?

La critique, au sens noble, est nécessaire pour appréhender les dossiers qui concernent la vie de notre ville. Exercice pratique avec le projet de campus de la SFAM.

Fin 2018, la Société Française d’Assurance Multirisque a remporté l’appel à projets lancé par EPORA (Établissement Public foncier d’État de l’Ouest de la région Auvergne Rhône-Alpes), structure de veille sur le foncier public, comme il en existe une dizaine d’autres en France. Le projet de la SFAM : implanter autour de ses premiers immeubles qui ont vu le jour en 2015 à l’est de Romans, “un campus” avec des bureaux, un auditorium, 8000 m² de commerces, un hôtel de 80 chambres et des parkings…

Ce projet a été retenu par la ville et l’agglo. Il mérite un éclairage citoyen !

L’appel à projet d’EPORA (4 mai 2018) énonçait notamment une non concurrence pour le centre ville et le quartier de la Monnaie. La vigilance des citoyen·nes est de mise car l’appel d’offres pour acheter le terrain a été remporté par la SFAM avec un projet commercial… pas entièrement défini ! N’étant pas défini, comment la Ville peut-elle affirmer qu’il n’y aura pas de concurrence ?

Du côté du SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) du Grand Rovaltain, les annonces ne sont guère plus rassurantes. Dans son préambule, il est précisé : « pas de nouvelle zone commerciale en périphérie des villes ». Est-ce ratiociner que de considérer que l’implantation de la SFAM est en périphérie de Romans ? Le SCOT nous donne aussi la densité des commerces dans le Grand Rovaltain : 1685 m² de commerces alimentaires pour 1000 habitant·es, contre 965 m² nationalement (hors Ile de France). Et 1333 m² de commerces non alimentaires pour 1000 habitant·es contre 657 m² nationalement (hors Ile de France). L’offre est déjà pléthorique, surabondante, sur ce territoire. Alors pourquoi en rajouter ? Selon quelle logique ?

Ce même non sens nous questionne pour la construction d’un auditorium de 2000 places : des grandes structures existent dans les environs (domaine du lac à Châteauneuf-sur-Isère, ensemble Charles Bringuier à Chatuzange-le-Goubet, salle de spectacle de Dani Lary à Barbières, salle des Cordeliers à Romans et bientôt le nouveau Palais des congrès à Valence) et sont globalement sous-utilisées, voire au bord de la faillite. Pourquoi aucune concertation territoriale n’est-elle organisée ? C’est théoriquement la finalité du SCOT, hélas vraisemblablement prisonnier d’autres enjeux…

© Collectif pour Romans / SFAM
L’argument « emploi » ne tient pas non plus

Il n’est pas démontré que les grandes surfaces de périphérie créent plus d’emplois qu’elles n’en détruisent dans les centres-villes.

La CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) fait des recommandations pleines de bon sens pour accompagner la création de projets d’envergure  :

1 – Sur la contribution du projet à la préservation ou revitalisation  du tissu commercial du centre ville de la commune d’implantation, des communes limitrophes et de l’établissement public de coopération intercommunale.

2 – Sur les coûts indirects supportés par la ville en matière d’infrastructures et de transport : le projet de la SFAM se situe dans une zone déjà saturée aux heures de pointe, pourquoi rajouter du trafic, quels nouveaux aménagements routiers seront induits et comment seront-ils financés ?

Le thème “entrée de ville”, cher à Mme Thoraval, manque ici singulièrement d’originalité :  une grande surface comme première image perçue en arrivant à Romans est-ce là l’ambition d’une municipalité, qui dit vouloir revaloriser le centre historique et revendique un  ” pays d’Art et d’Histoire ” ! 

© Collectif pour Romans / SFAM

Face à la situation sociale, climatique et environnementale; chaque citoyen·ne, au-delà de sa participation au processus électoral, doit se forger une opinion sur des bases objectives et élever son niveau d’exigence envers les élu·es, qu’il ait voté pour elles et eux ou pas. Pour cela nous devons faire l’effort, dans la lecture des dossiers, de nous documenter en profondeur car les politiques, seuls, font la démonstration tous les jours qu’ils ne sont pas à la hauteur des enjeux.

À ce jour, nous ne savons pas si la vente à la SFAM a été conclue… L’EPORA aurait-il été refroidi par les plaintes et procédures dont fait l’objet la SFAM ? En effet, de trop nombreux·ses Français·es ne connaissent Romans-sur-Isère que par l’adresse de la SFAM :  “ 1 rue Camille Claudel ”, pour y envoyer des réclamations et tenter, souvent en vain, de régler des litiges.

Pour aller plus loin :

Le SCOT : www.grandrovaltain.fr

Les relevés de décision de la CDAC sur www.drome.gouv.fr


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