Coupdeprojecteur#23
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Romans "Ville amie des Enfants" : Un titre et au delà ? (partie 5)

Contrairement à ce que la communication municipale aimerait faire croire, ce titre, décerné par l’UNICEF, n’est pas une récompense, mais l’ébauche d’un projet à construire avec des engagements à tenir… Étrange, puisque depuis quelques années les actes en défaveur des enfants n’ont cessé de se multiplier, particulièrement envers celles et ceux issu·es des foyers les plus précaires, qui auraient au contraire besoin de soutien. 

Le titre “Ville Amie des Enfants” s’accompagne de cinq engagements que les mairies doivent respecter (voir Coup de Projecteur #12). Pour mettre en œuvre leur projet, elles doivent choisir au minimum une recommandation par engagement, parmi les treize proposées. Le minimum est donc de cinq recommandations, la Ville en a choisi six. Bel effort. 

Cinq engagements, six recommandations et combien de laissé·es pour compte ?
Engagement 1 : Bien-être de chaque enfant
Recommandation choisie : Considérer la nutrition comme un facteur déterminant du développement de l’enfant et de l’adolescent.

Rappelons tout d’abord la suppression des deux tranches de tarifs les plus basses de la restauration scolaire, abandonnant ainsi la garantie d’un repas chaud et équilibré à tous les enfants, même issu·es des familles défavorisées. À la place d’un repas, la mairie leur propose de revoir la charte de la restauration scolaire… Pour les familles qui peuvent payer, la municipalité voudrait augmenter la proportion d’aliments bios et locaux ou encore supprimer le plastique, ce qui sera obligatoire de toute façon en 2025 (loi Egalim). Il est également à noter que, le temps de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, la municipalité a su préférer le fromage à la coupe aux yaourts contenus dans des pots en plastique, c’est donc possible et pourtant non effectif le reste de l’année..

Engagement 2 : Lutte contre l’exclusion et la discrimination
Recommandation choisie : Mettre en place un plan de lutte contre toutes les formes de violences faites aux enfants et aux jeunes.

Si la volonté de renforcer le partenariat avec les écoles et les associations est noble, elle est avant tout hypocrite après ces années à diminuer les subventions, quand elles ne sont pas tout bonnement supprimées. Parfait exemple : les aides financières aux classes de découvertes ont été bouleversées. Ainsi, sous prétexte d’égalité, chaque enfant a désormais la même aide (10 euros par nuit). Abandonner l’indexation des aides sur le quotient familial est à l’opposé de l’inclusion des enfants des familles les plus précaires.

Engagement 3 : Parcours éducatif de qualité
Recommandation choisie : Décloisonner l’éducation pour garantir un parcours éducatif cohérent aux enfants et aux jeunes du territoire.

Avant de lancer un état des lieux et un diagnostic afin de structurer la stratégie éducative, ne faudrait-il pas revoir les dotations scolaires ? Celles-ci ont baissé de 25 à 30 % selon les quartiers en 2015… Comment les enfants pourraient-ils bénéficier d’un parcours éducatif de qualité si les écoles n’ont pas les moyens d’acheter des manuels conformes aux programmes scolaires ?

Engagement 4 : Participation et engagement des enfants
Recommandations choisies : 1) Faire vivre des espaces formels et informels de consultation et d’expression pour tous les enfants et jeunes pour les associer aux projets de la ville ; 2) Participer à la consultation nationale des 6/18 ans.

Depuis quelques années, il existe le Conseil Municipal des Jeunes (CMJ), formidable outil d’apprentissage de la citoyenneté qui ne doit ni être instrumentalisé, ni devenir un faire-valoir de la “participation des jeunes”. Le CMJ ne réunit que 40 enfants de 10 à 12 ans, l’ensemble des autres est laissé de côté.  Soulignons que la Ville a déjà coché la case de la seconde action : les enfants et jeunes ont pu répondre au sondage de l’UNICEF l’année dernière !

 Engagement 5 : Partenariat avec l’UNICEF

Pour cet engagement, il n’y a qu’une recommandation : Élaborer une vision commune et partagée de la place de l’enfant dans la ville. Les villes doivent, entre autres, développer un partenariat avec l’UNICEF et organiser des évènements en lien avec l’UNICEF. Sur ce point, étant donné le savoir-faire local pour concevoir des événements “paillettés”, la Ville saura s’y prendre. Mais encore une fois : quelle place véritable pour les enfants ?

Après lecture du plan d’actions de notre Ville, nous retenons qu’il faudra plus que ces déclarations pour améliorer la situation des enfants sur notre territoire. Du sérieux, de la constance et de la rigueur dans les mesures prises avec l’UNICEF et se pencher sincèrement sur la lutte contre les discriminations et sur la transition écologique, dans l’intérêt supérieur des enfants, mais aussi de toutes et tous, dès maintenant.


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