Coup d’œil #15
#justicesociale

“J’aime mon quartier, je me sens bien entourée ici”

Parler avec les habitant·es de la Monnaie, c’est entendre les difficultés et l’immense insatisfaction sur l’état du quartier et la manière dont il a été vidé des structures qui le faisaient vivre. C’est aussi des confidences d’habitantes qui semblent détenir la formule de l’entraide à la Monnaie.

Malgré les tensions au sein du quartier, les dynamiques collectives, associatives ou informelles, perdurent :

« Avant on était six associations dans la maison citoyenne, on avait vraiment des lieux pour se regrouper, utiliser la cuisine collective, faire des repas ensemble. Avec des Pieds et des Mains, on continue à organiser des sorties pour que les mamans qui ne partent pas souvent puissent prendre l’air mais le quartier n’a plus rien à voir avec avant. » Fatima

« On a fait la Fête des voisins samedi dernier. Chacun a ramené un truc, il y avait deux grandes tablées, une d’enfants, une d’adultes. Ça permet de mieux se connaître. L’association Les Roses des Sables organise aussi des repas de temps en temps. » Nadia

« Moi ce que j’aime c’est l’ambiance avec les anciens dans le quartier pendant le Ramadan, tu ne trouveras ça nulle part ailleurs. » A.

Les relations de voisinage sont une source de réconfort reconnue, même si, comme partout, l’individualisme prend parfois le pas. « À la Monnaie, il y a pas une personne âgée qui monte ses courses toute seule » observe une professionnelle travaillant dans le quartier. Les relations de voisinage peuvent aussi être faites d’écoute et d’entraide.

« J’aime mon quartier, je me sens bien entourée ici. Pour l’accouchement de ma fille, les voisins ont gardé les enfants quand j’étais à l’hôpital. Et puis quand je suis rentrée, je suis restée une semaine sans cuisiner, ils se sont relayés pour faire à manger. Aussi le jour où j’ai perdu mon père, j’ai trouvé beaucoup d’empathie, d’écoute, ça aussi j’aime trop. » Nora

L’entraide dans ce quartier, c’est encore Mokhtaria qui nous en dit le plus :   

« Si une personne est malade, on demande de ses nouvelles, on toque à la porte pour dire qu’on est là si besoin ou si elle veut on passe un moment. Pareil si quelqu’un a perdu un proche, on se rend disponible pour accompagner la personne. Même si c’est juste accueillir ses paroles pour se vider, parler. Quand tu es à l’écoute et qu’il y a de la confiance, ça soulage déjà beaucoup. »


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