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L'écologie du XXIe siècle : Entretiens avec celles et ceux qui vont changer le monde, Hervé KEMPF

Hervé KEMPF, ancien journaliste spécialiste des questions écologiques au quotidien Le Monde, puis fondateur du site Reporterre.net a recueilli les témoignages de douze personnalités de moins de 45 ans engagées dans différentes causes écologiques.

Comme par exemple Corinne MOREL DARLEUX, conseillère régionale en Auvergne-Rhône-Alpes, qui déclare que l’efficacité des luttes doit passer par une mise en réseaux pour former un « archipel » des résistances.

Jon PALAIS, du mouvement Alternatiba, insiste sur la nécessité de la lutte non violente. Avec un brin d’humour, il remarque qu’il souhaite un mode de vie où l’on prend le temps de vivre, mais qu’il n’en prend pas le temps pour lui-même.

Fatima OUASSAK, du collectif « Front de Mères », regrette que dans les quartiers on continue de polémiquer autour du problème des femmes voilées tandis qu’on oublie de leur parler des effets nocifs de la viande industrielle et des pesticides pour la santé. Comment faire pour éviter d’empoisonner nos enfants ?

Juliette ROUSSEAU, membre d’Attac, affirme trouver de la joie dans les différentes actions collectives auxquelles elle participe. Elle rappelle que nous devons tout à la fois lutter contre les multiples dominations sur lesquelles prospèrent le système : le racisme, le patriarcat, la dégradation de la planète…

Alessandro PIGNOCCHI, auteur de bandes dessinées, réhabilite les Gilets Jaunes dont il dit que leur action est certainement plus écologique que celle de ceux qui prônent la « croissance verte ». Ce dernier concept s’inscrivant dans une économie totalement incompatible avec la lutte écologique.

Jade LINDGAARD, journaliste à Médiapart, confirme cette analyse en déclarant que : « l’économie organisée autour de la propriété privée et du profit est incompatible avec la préservation de la faune, de la flore et du climat. »

Pour Matthieu AMIECH, éditeur, le numérique, l’automobile et le trafic aérien, sont les premiers secteurs où la décroissance doit s’appliquer.

Pablo SERVIGNE, que certains accusent de décourager de lutter pour avoir écrit : « Comment tout peut s’effondrer », rappelle que nous sommes l’espèce la plus sociale du monde vivant. On arrive à coopérer avec des gens qu’on ne connaît pas, qui sont à l’autre bout du monde.

François RUFFIN, le fondateur de Fakir, député de la Somme, s’attaque en priorité à valoriser les métiers du lien : auxiliaire de vie, assistante maternelle, animateur périscolaire, aide soignant, instituteur … Il s’insurge contre le libre-échange et souhaite le remplacer par des objectifs plus positifs : entraide, relocalisation, consommer moins et répartir mieux, car la croissance ne fait pas le bonheur.

Claire NOUVIAN, déçue de son engagement auprès de « Place publique » affirme qu’avec la société industrielle et du marketing, on est entré dans l’ère du mensonge permanent. Les élites économiques et politiques mentent ! Comment ne pas être d’accord avec la fondatrice de Bloom, lorsqu’elle déclare :« qu’il faudrait inventer des formes politiques complètement nouvelles ! »

Hervé KEMPF
Journaliste et écrivain français. Ancien journaliste de Courrier international, La Recherche et du Monde1, il est l'actuel rédacteur en chef de Reporterre2.

La richesse des expériences de chacun et la pertinence des questions posées rendent cet ouvrage très intéressant.

D. C.

L’écologie du XXI° siècle, entretiens avec celles et ceux qui vont changer le monde,
Hervé KEMPF
Éditions Seuil et Reporterre, 2020
224 pages – 12 €


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