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La maison des Chapeliers (ex-MNE) : une verrue dans le projet de la Savasse

Six ans sans progrès

Pourquoi le tènement de la Maison des Chapeliers ne figure-t-il pas dans l’aménagement de la Savasse et pourquoi ce lieu, jonction parfaite entre le quartier de la Presle et le centre ancien, reste-t-il une zone d’ombre préoccupante ?

Où en est l’ancienne Maison de la Nature et de l’Environnement depuis sa fermeture par la mairie en 2015 ? Où en est cette Maison que des passionné·es avaient occupée 3 semaines en mars 2015 afin de prouver leur attachement à ce lieu ? Où en est cette Maison pour laquelle, répondant à un appel d’offre lancé par la mairie, le Collectif citoyen “Ô Berges de l’Isère” avait monté un projet de guinguette/auberge pour cyclistes valorisant le tourisme doux, la voie verte et le centre ancien ? Où en est cette Maison pour laquelle la municipalité avait préféré retenir le projet de restaurant bistronomique haut de gamme (« la Belle Maison ») et avait communiqué à grand renfort de propagande municipale au printemps 2017 ?

Quatre ans plus tard, aucuns travaux n’ont commencé : toujours la même chaîne au portail et un état de délabrement de l’intérieur des locaux qui fait froid dans le dos… surtout aux porteuses et porteurs du projet de l’Auberge de l’Isère, qui avaient tout prévu pour racheter le lieu, conserver son caractère public et ouvrir l’Auberge dès l’été 2019. En 2017, le projet était soutenu par cinq banques, le Parc du Vercors, le Département, les fonds européens pour le tourisme (200 000 euros) et de nombreux·ses citoyen·nes prêt·es à remonter les manches pour rendre le projet possible.

Un projet entre ami·es fortuné·es ?

En janvier 2020, le Collectif “Ô Berges de l’Isère” demandait aux listes candidates aux élections municipales de s’engager pour un reclassement du tènement de l’ex-MNE dans le domaine public pour le sortir du domaine privé communal où l’avait mis l’équipe de Madame la Maire. Mais, depuis, Madame Thoraval a été réélue. 

Pour rappel, la communication sur le projet du découvrement de la Savasse a commencé la veille de l’annonce de la candidature de la maire sortante aux élections municipales de 2020, à grand renfort de barrières et d’affichages sans que les travaux ne commencent ces 18 derniers mois. Depuis, il n’est toujours pas question de l’ex-MNE, pourtant centrale lorsqu’il est question de la Savasse… Après des bâtons dans les roues du projet de l’usine Jourdan, jusqu’où ira la maire pour confisquer le tènement de l’ex-MNE aux habitant·es et entraver tout développement de ce côté-là de la Ville ?

La lutte continue et la mairie reste sourde

Au printemps 2021, les mobilisations pour le climat reprenaient afin de dénoncer l’inaction du gouvernement et revendiquer des mesures concrètes contre la hausse des températures. Des citoyens et citoyennes se sont remobilisé·es pour l’ex-MNE et ont obtenu un rendez-vous avec Etienne-Paul Petit, adjoint à la mairie, chargé de la Transition Écologique, de la Propreté et de l’Environnement, le 28 avril dernier. Monsieur Petit a réaffirmé la volonté de vendre le tènement de la MNE à un acheteur privé, tout en confirmant que cette vente n’était pas encore concrétisée car le « problème » du droit de servitude n’est toujours pas réglé. Pour rappel, les opposant·es à la privatisation de ce lieu se sont énergiquement emparé de la loi dite de servitude de marchepied pour défendre la maison et le parc, afin qu’ils restent accessibles à tou·tes. En effet, dès 2017, Monsieur Baulé, le financeur du projet de la Belle Maison, indiquait ne pas vouloir investir si les berges restaient publiques. Contacté en avril 2021 par les porteurs du projet de l’Auberge de l’Isère, sa position n’a pas évolué : « Mon intérêt demeure si le passage est interdit devant la maison, pas dans le cas contraire ».

Lors du rendez-vous en mairie d’avril dernier, les porteurs de projet de l’Auberge de l’Isère ont redéployé le dossier complet de l’Auberge1 dont les objectifs sont : un café-restaurant pourvoyeur de dynamique économique locale et d’emplois, une offre d’hébergement accessible à tou·tes axée sur le tourisme doux et vert, un pôle de formation, d’animation et d’information sur l’Environnement et la Transition Écologique. La balle est dans le camp de la Ville, qui n’a pas encore recontacté le collectif citoyen depuis avril alors que Monsieur Petit promettait une réponse pour juin.

Chaque famille, dans chaque ville ou village, doit pouvoir préparer le monde de demain : le devenir de l’ex-MNE nous concerne tou·tes. Ce serait un très mauvais indicateur envoyé par la Ville de le privatiser pour un petit nombre de personnes aisées. 

En tous cas, ce n’est pas comme cela que le Collectif envisage le monde de demain.


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