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Projection débat autour du film “Debout les femmes” de Gilles Perret et François Ruffin

Après le film “Woman at war”, proposé en juillet 2021 au Ciné Lumière, le Collectif pour Romans a cette fois organisé une soirée d’échanges autour du film “Debout les femmes”. Avec 98 entrées, ce fut un succès !

Ce documentaire a été réalisé par François Ruffin, député de La France Insoumise, réalisateur de documentaires et rédacteur du journal Fakir, et Gilles Perret, réalisateur de films documentaires. Ils avaient déjà collaboré pour le film “J’veux du soleil”, sorti en 2019, sur les Gilets jaunes.

Projection : un Road Movie à la rencontres des femmes invisibles

Pour cette projection, le Collectif a mis en place pour la première fois un tarif préférentiel pour les personnes concernées, deux euros à la place de six, s’engageant à payer la différence.

Mais qui m’a mis cette tête de con ? ” Ce n’est pas le grand amour entre le député En Marche ! Bruno Bonnell et l’insoumis François Ruffin. Et pourtant… C’est parti pour le premier “road-movie parlementaire” à la rencontre des femmes qui s’occupent de nos enfants, nos malades, nos personnes âgées. Ensemble, avec ces invisibles du soin et du lien, ils vont traverser confinement et couvre-feu, partager rires et larmes, colère et espoir. Ensemble, ils vont se bagarrer, des plateaux télés à la tribune de l’Hémicycle, pour que ces travailleuses soient enfin reconnues, dans leur statut, dans leurs revenus. Et s’il le faut, ils réinventeront l’Assemblée… 

Ce documentaire met à l’honneur les auxiliaires de vie sociale (AVS), les femmes de ménage, les accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH), les assistantes maternelles, regroupées sous le nom de “métiers du lien”. Des métiers essentiellement féminins, mal rémunérés, avec des amplitudes horaires indécentes et des droits souvent bafoués. Au fil du Road Movie, plusieurs femmes témoignent de leurs conditions de travail (salaire, jours de travail, déplacements, problèmes de santé), de leurs humiliations, du non-respect de leur hiérarchie envers elles. 

Les députés François Ruffin et Bruno Bonnell (LREM) ont travaillé deux ans sur cette problématique, avec des allers-retours sur Dieppe et Amiens pour rencontrer ces femmes invisibles et pourtant indispensables à la société comme elles l’ont montré durant la pandémie. Malgré de nombreuses propositions d’amendements et de lois (pour réduire l’amplitude horaire de travail, pour mieux payer, formation continue une fois un poste obtenu), une seule est acceptée (pour ajouter le mot dignité dans les statuts) : toutes les autres sont rejetées. Dans le générique de fin, les spectateur·rices apprennent que des miettes ont tout de même été accordées : une hausse de 13 à 15% pour les personnels de services d’aide à la personne ou encore un 13e mois pour les femmes de ménage de l’Assemblée Nationale (qui ne sont même pas payées au SMIC).

En fin de film, l’ensemble des femmes suivies tout au long du documentaire sont présentes dans une séance de l’Assemblée Nationale revisitée, une séance sans lobbying, sans conflit d’intérêt, sans mépris et (presque) sans homme. À cette occasion, elles expriment leurs besoins et enfin elles sont écoutées. Cette séance pleine d’émotions montre une fois encore la force dont ces femmes doivent faire preuve dans leur quotidien. Elles finissent en chantant l’Hymne des femmes, hymne repris ensuite par des membres de la chorale militante romanaise en L’Ut majeur, puis par les spectateur·rices, quand le film se terminait.

Échanges

Un temps d’échanges était ensuite proposé par le Collectif et animé conjointement avec le nouvel animateur du cinéma, Clément. Toutes sortes de remarques ont émergé :

Remarques :

  • Beaucoup d’hommes à l’écran pour un documentaire sur les femmes : 2 hommes enquêtent et les femmes sont sur le terrain, les femmes semblent juste pouvoir s’exprimer sans agir ;
  • Il manque les étapes de conception des amendements ;
  • La dernière scène dans l’hémicycle qui fait contrepoids et remet en cause les institutions en place ;
  • Besoin que les personnes concernées luttent pour leurs droits ;
  • En même temps, les femmes des métiers du lien sont souvent isolées et, de surcroît, épuisées à la fin de leurs journées…
  • Intéressant de voir deux personnes aussi différentes, comme François Ruffin et Bruno Bonnell travailler ensemble sur des causes communes ;
  • Touchant que les femmes de ménage de l’Assemblée Nationale n’osent pas toutes parler à visage découvert…

Témoignages :

  • Difficulté pour les proches des personnes travaillant dans les métiers du lien car les conditions de travail ne sont pas toujours réglementaires et le salaire insuffisant par rapport à la charge de travail, mais ces femmes aiment leur métier ;
  • Des groupes de paroles sont expérimentés de ci de là pour que ces femmes partagent leurs expériences, expriment leurs difficultés, trouvent des solutions pour y pallier, prennent l’habitude de se défendre lorsque c’est nécessaire ;
  • Anecdote d’une assistante maternelle qui fait entre 45 et 50 heures hebdomadaires pour 3€ net de l’heure, pour pouvoir toucher un SMIC il lui faut garder au minimum 3 enfants en temps plein. 

Alors qu’en début de soirée, le Collectif pour Romans avait rapidement été présenté via ses trois piliers (justice sociale, transition démocratique, transition écologique), sa campagne pour les élections municipales de 2020 et ses actions en cours (notamment le journal les 400 Coups Romanais), ce sont les dates des prochains rendez-vous qui ont été données à la fin : café collectif tous les 3èmes jeudis du mois et prochaine plénière le 5 février de 17 à 19h à la Maison de Quartier des Ors.

Que les soirées échanges/discussions reprennent vite leur rythme, au cinéma ou ailleurs !


4 commentaires

Roland Rousseau · 24 janvier 2022 à 8 h 39 min

La possibilité d’un travail en commun :insoumis-REM, cela surprend les romanais, non?

    Maya Lab · 25 janvier 2022 à 15 h 16 min

    Pour pouvoir travailler ensemble encore faut-il avoir des points de convergence. Dans le documentaire Bruno Bonnell (LREM) expliquait qu’il s’était porté volontaire car le handicap de son fils avait nécessitait une personne pour l’aider pendant 4 ans. Ce serait-il mobilisé sans cette expérience, j’en doute…

      Roland Rousseau · 27 janvier 2022 à 10 h 53 min

      je pensais aux dernières élections municipales.

        Maya Lab · 27 janvier 2022 à 11 h 13 min

        Pour pouvoir travailler ensemble il faut à minima partagé un certain nombre de valeurs, hors ce n’était pas le cas. Quelques points en commun ne peuvent suffire pour mener une action politique conjointe. L’équipe de Romans en Commun a essayé, mais vous connaissez la suite, même des personnes du groupe initial de Passionnément Romans ont formé un groupe d’opposition distinct… SI eux, qui avaient davantage de points de convergence, n’ont pas réussi comment aurions nous pu ?

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