Coup de gueule#24
#transitiondémocratique, #justicesociale

Romans, une ville attractive… mais pour qui ?

Les chiffres du dernier recensement de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) publiés le 29 décembre dernier sont implacables : alors que le département de la Drôme gagne plus de 22 000 habitant·es et que 5 des 6 plus grandes villes du département voient leur population augmenter, (Valence +0,8 %, Montélimar +1,4 %, Bourg les Valence +0,4 %, Pierrelatte +0,7 %, Porte les Valence +1,5%), Romans est la seule à perdre des habitant·es (- 0,3%).

Mme la Maire explique, pour justifier ce fait, que les démolitions à la Monnaie sont entre autres la cause de cette baisse. Hélas pour elle, les chiffres de l’INSEE contredisent cette affirmation. En effet, en 2013, il y avait 17 840 logements à Romans, contre 18 251 en 2018 (soit 411 en plus) alors que la baisse du nombre d’habitant·es était déjà amorcée. Cette baisse se poursuit encore aujourd’hui. Il est intéressant de noter que le nombre de logements vacants est passé de 1 824 en 2013 à 2 111 en 2018, soit une augmentation de 15,7 % !

Ne vous en déplaise Mme la Maire, votre politique fait partir les habitant·es.

Alors, attractive pour qui ?

À défaut de plaire aux Romanais·es, la ville est peut-être… 

… attractive pour les grosses compagnies privées auxquelles Mme la Maire va vendre toutes les places de parking du centre-ville avec son projet de parking souterrain (attention au futur prix du stationnement) ;

… attractive pour cette entreprise privée à qui elle tentait de vendre l’ancienne MNE (Maison de la Nature et de l’Environnement) dans l’optique d’en faire un restaurant de luxe inaccessible à la majorité des Romanais·es (et au passage en privatisant une partie des berges de l’Isère). Pour mémoire, il existe sur ce site un projet d’auberge pour tou·tes, mené par des Romanais·es, créateur d’emplois et financièrement équilibré ;

…attractive pour le patron de la SFAM qui a « gagné » le droit de construire des commerces en périphérie de Romans mettant un peu plus à mal les commerces du centre-ville ;

… ou bien encore attractive pour celles et ceux qui profitent de la braderie des biens de la commune que Mme la Maire organise sous l’appellation de « Invest in Romans » (la quatrième édition proposait pas moins de 14 biens municipaux à vendre). Ces opérations étaient censées créer des emplois… Là encore, les chiffres de l’INSEE montrent le contraire : le taux de chômage à Romans était de 14% en en 2018 contre 13,5% en 2013. (À titre informatif, il est de 10,3 % pour la Drôme).

Alors… attractive pour qui ? Pas pour la population de Romans qui va devoir supporter les conséquences de la politique municipale : hausse des tarifs de la restauration scolaire et de la garderie, disparition probable de la MJC Robert Martin, baisse des subventions aux associations d’éducation populaire… 

La présentation de la carte scolaire pour la rentrée de septembre 2022 fait apparaître la fermeture de 5 classes dans notre commune, dans les écoles des Ors, Jean Rostand, Simone Veil, Jean Monin et Langevin : à la rentrée prochaine, il y aura en effet 100 élèves de moins qu’en septembre 2021 dans la “ville amie des enfants”…

La baisse du nombre d’habitant·es risque d’entraîner une baisse de la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement), argent que l’État verse à la commune et qui est lié notamment au nombre d’habitant·es.

Une ville mal gouvernée 

Pour qu’une ville soit attractive, il est nécessaire que s’y développent des projets qui enrichissent la vie communale. Qu’en est-il depuis la première élection de Madame Thoraval ? En 8 ans, aucun grand projet n’a vu le jour sur Romans. Au contraire, l’inaction de nos élu·es au sein de “Valence-Romans Agglo” a conduit, entre autres, à l’absorption de l’office HLM par celui de Valence, à la fusion du club de rugby au profit de celui de Valence, au déplacement de la foire et a des inégalités frappantes dans le partage des subventions de l’agglo au profit de nos voisin·es du bassin Valentinois.

Le dédain avec lequel la Maire tente d’imposer par la force les dates de fermeture des écoles Pouchelon et République, sans aucune concertation avec les enseignant·es et les parents d’élèves est une preuve supplémentaire de sa gouvernance autoritaire et brutale qui va à l’encontre de la volonté de la population. Comment s’étonner alors que la ville perdent des habitant·es ?

La course aux labels dans laquelle sont engagé·es nos élu·es ne suffit plus à cacher une réalité romanaise : la municipalité sélectionne ses habitants et exclut celleux qui ne lui conviennent pas.


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