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Romans "Ville amie des Enfants" : L’école publique sacrifiée (partie 6)

Bien sûr, les parents souhaitent des écoles proches de leur domicile et des locaux adaptés et rénovés, mais n’est-ce pas un énième projet de vitrine que prépare la mairie ?

Embellir les écoles, les rendre jolies et propres, certes… mais n’oublions pas qu’une école doit d’abord être fonctionnelle pour faire vivre tous les apprentissages nécessaires !  Chaque école a besoin de pièces en plus des salles de classes : d’une salle polyvalente, d’une salle du personnel, d’une salle pour les accompagnements des élèves à besoin éducatifs particuliers, de cours végétalisées, d’équipements sportifs adaptés et en nombre suffisant…

Quelques éléments de comparaison avec l’autre côté de l’Isère
Tableau comparatif des budgets alloués à l’éducation de part et d'autre de l’Isère

Souvenons-nous des 30 000 € supprimés du budget des écoles chaque année depuis 2014, sans jamais réindexer les dotations sur la hausse du prix des fournitures scolaires. Certaines écoles ont alors pris l’habitude de demander de longues listes de matériel aux parents, d’autres ont sollicité les associations de parents qui ont redoublé d’actions (ventes sur le marché) pour acheter des fichiers d’exercices aux élèves. D’autres encore n’ont pas pu acheter les manuels des nouveaux programmes scolaires de 2015…

En 2015, Bourg-de-Péage a été primée “commune de moins de 5000 habitants la plus sportive de la Drôme”. À Romans, il n’y a pas de considération pour l’éducation sportive : de moins en moins de gymnases romanais sont accessibles aux écoles, le gymnase Boiron ayant été fermé fin 2020 pour vétusté, celui du Triboulet ayant été détruit, le gymnase Monnier ayant brûlé, sans que, ni pour le premier ni pour le second degré, il n’y ait de perspectives d’installations sportives (le gymnase provisoire promis pour la rentrée 2021 l’est maintenant pour la rentrée 2022…). 

Au périscolaire, les différences sont encore plus criantes des deux côtés de l’Isère !

Les prix sont bien plus élevés à Romans, où la garderie n’est effectivement… qu’une garderie ! À Bourg de Péage, les enfants peuvent s’inscrire à des temps d’études animés par des enseignant·es, les lundis, mardis, et jeudis après 16h30, et/ou à des activités (cuisine, basket, tir à l’arc…) où ils retrouvent avec plaisir leurs animateur·rices. 

Rappelons qu’à Romans, la mairie a supprimé les temps d’études supervisés par des enseignant·es sous prétexte que toutes les écoles n’en avaient pas, sans se demander si toutes les écoles en avaient besoin. Toutes les animations mises en place lorsqu’il y avait école 5 jours, les temps d’activités périscolaires fréquentés par de nombreux élèves et vantés alors comme étant des temps d’émancipation pour les enfants ont… disparu ! Restent les cours goudronnées, les jeux de société et les feutres, avec des animateur·rices que la mairie n’arrive pas à fidéliser puisqu’elle ne leur propose que des contrats précaires et morcelés, sans formation à la clé. C’est alors le défilé des remplaçant·es.

Et toutes les actions symboliques…

Là où, à Bourg de Péage, les écoles peuvent solliciter la mairie pour des projets qui vont servir à tous les élèves d’une école (végétalisation de la cour, achat de jeux de cour pour que les activités y soient diversifiées et pour apaiser le climat scolaire), Romans continue chaque année de célébrer le·a meilleur·e bachelier·ère en lui remettant un chèque de 1 000 euros lors de Défis Elite où seule l’excellence est honorée. 

Deux municipalités, deux visions opposées du rôle de la Ville, de la jeunesse et du vivre ensemble… alors même que Bourg-de-Péage n’est pas particulièrement innovante en matière d’investissements pour les jeunes.

Actuellement, et de manière continue depuis quelques années, la population de Romans baisse : les familles se tournent vers des villes qui accueillent leurs enfants en leur proposant de bonnes conditions de scolarisation, des activités périscolaires de qualité, à des prix raisonnables. 

On peut même imaginer que, à force de voir des inepties dans la ville, les familles propriétaires sont allées ailleurs pour payer leurs impôts fonciers, afin que ceux-ci servent à faire grandir leurs enfants plutôt qu’à bétonner la ville.


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