Coup d’œil en arrière #02
#transitiondémocratique

2015 - Même sans étiquette, le message est clair

Déjà des marqueurs de la droite extrême : vidéosurveillance, festival de l’humour, gadgétisation de l’action publique. Et la xénophobie, avec le refus d’accueillir quelques migrant·es syrien·ennes. Mais à Romans, on ne lâche rien.

@ Andrée Wizem | Un écho à la boufonnerie carnavalesque : un lâcher de Thoraval

Qui se souvient du “petit train qui sert à rien” ? Dans le centre de vidéosurveillance, bien des agent·es ont dû sourire, observant l’attaque du petit train touristique par une bande de Romanais·es en réaction aux décisions municipales concernant la Culture et l’Éducation Populaire.

Pourtant les habitant·es de Romans n’ont pas démérité en créativité et arguments pour sauver les fonds municipaux dédiés à ces enjeux. Les “Bouteilles à la Maire” ont permis aux bénévoles et salarié·es de plaider la cause de ces actions structurantes du lien social romanais. Mais las, le Carnaval s’appauvrit (et deviendra le simili corso que l’on connaît aujourd’hui), la Maison de Quartier Coluche menace de fermer, le budget de l’Éducation Populaire diminue drastiquement, la Maison de la Nature et de l’Environnement est menacée. C’est le Far West, la loi du plus fort (et de la plus sourde), alors il devient logique d’organiser une attaque de train !

Un artiste local partage son analyse, implacable :

“Avec des collègues artistes nous avons choisi Romans. Mais à partir de 2014, très vite, arrive le sentiment que la culture et ses acteurs ne comptent pas. Quand il n’y a pas d’aide à une compagnie au premier niveau local, il est très difficile d’en obtenir des autres échelons comme le Département ou l’État. Quand on parle de culture à Romans, on ne parle plus réellement en terme de création. C’est devenu de l’animation de centre-ville, par exemple avec la braderie vintage. Il n’y a plus aucun soutien à ce qui est créé sur place, à tout ce qui est un peu alternatif. La culture n’émerge plus, elle est importée, dupliquée. Elle n’a plus de singularité.”

Le verdict est sans appel :

“Les gens étaient acteurs de la création culturelle, ils sont aujourd’hui cantonnés au rôle de consommateur.”

Alors un premier Collectif pour Romans se structure en association loi 1901 et organise une action au marché “Est ce qu’on va attendre 5 ans ?”. C’est aussi la naissance du Jacquemart Libéré, prédécesseur des 400 coups romanais, issu de cette envie de visibiliser les destructions et d’ouvrir sur les alternatives, à contre-courant des discours municipaux simplificateurs. Avec créativité et rigueur !

Article extrait du journal les 400 Coups n°10 | Hiver 2024


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