Coup d’œil en arrière #11
#transitiondémocratique
2024 - Préparer la suite
La surmédiatisation de “l’affaire de Crépol” et l’image erronée donnée de Romans à la France entière (au monde ?) révolte des habitantes et habitants de l’est, de l’ouest, du nord, du centre de Romans.
”Moi je veux une seule chose, c’est que Thoraval dégage en 2026 !” dit J., qui lance une campagne d’inscription sur les listes électorales et fronce le nez en expliquant qu’un groupe de jeunes qui s’est récemment présenté à la mairie n’a pas pu s’y inscrire. Après la sidération de décembre, chacun·e se réveille pour restaurer le vivre ensemble dans notre ville, extrêmement abîmé par les déclarations clivantes de sa première magistrate. Au lycée du Dauphiné, les enseignant·es se mobilisent.
“Alors que la justice faisait son travail, les chaînes d’information en continu ont joué sur l’affect, sur une corde sensible exploitée par l’extrême droite et qui a finalement participé à déstructurer l’ambiance très agréable qu’on avait au lycée du Dauphiné” explique Régis Roussillon, enseignant de Sciences Économiques et Sociales. “On a alors cherché à donner des clés pour comprendre le contexte des événements. C’est-à-dire que d’un côté c’est la justice qui établit les faits, les culpabilités, tandis que nous on peut amener des clés de compréhension à travers les questions de la construction de la masculinité, de la loyauté face au groupe, des bandes, de la sociologie de l’intégration des classes populaires et de l’immigration.”
Des chercheur·euses répondent tout de suite à l’appel, une pièce de théâtre tourne dès février dans les lycées et les retours des élèves sont encourageants : “Pour une fois qu’on ne parle pas de nous en mal”, “J’ai découvert une réalité très éloignée de ce qui nous est présenté à la télévision”.
“On ne peut pas agir ainsi en politique, sans tenir compte des connaissances que l’on a du terrain : ce serait comme envoyer une fusée sur la lune sans se soucier des questions de gravitation, de pression et d’atmosphère !” conclut Régis, tout en prenant rendez-vous avec d’autres collectifs qui se montent pour
contrebalancer le déferlement organisé de haine dans les médias et sur les réseaux sociaux sur une partie bien spécifique de la population romanaise.
En 2024 et pour les années qui viennent, c’est pour ces populations, les plus stigmatisées, les plus insultées qu’il faudra se mobiliser. C’est avec elles et eux qu’il faudra penser des dynamiques de luttes, victorieuses. Par le partage, l’écoute. 2024 donne rendez-vous à 2026.
Article extrait du journal les 400 Coups n°10 | Hiver 2024
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