Couppourcoup #3
#transitiondémocratique

On prend la même et on recommence, en pire...

Déjà plus de six mois d’un mandat marquant l’accélération d’une politique de droite radicale. Déjà un jugement du Tribunal administratif qui conduirait à un retrait des mandats et une inéligibilité d’un an pour Mme Thoraval. Et en attendant le résultat de son recours devant le conseil d’État, les affaires continuent.

Nous voulons amplifier les transitions, elle renforce les tensions

Mme Thoraval reprend son mandat là où elle l’avait laissé : à  la droite de la droite. Après une rentrée sous le signe de la stigmatisation, à s’étonner de l’enseignement de la langue arabe dans les écoles primaires sous contrôle de l’Éducation Nationale, elle poursuit le chantier du tout sécuritaire en augmentant de 100 caméras le parc de vidéosurveillance. Le tableau ne serait pas complet sans une gestion municipale néo-libérale. Ainsi, le flou est maintenu sur les finances du CCAS, dont on ne sait plus bien quelles actions il mène encore. Le service public est délaissé chaque jour davantage : fermeture d’un centre de loisirs pour les vacances, création d’un centre de santé privé en lieu et place de la cuisine municipale Pouchelon… Au passage, ce terrain est vendu, à bas coût, à  l’entreprise même qui a étudié l’opportunité de faire de ce lieu un centre de santé ! Le quartier de la Monnaie et ses habitants semblent avoir été les cobayes de cette politique qui s’étend à présent à toute la ville. Laisser ce quartier livré à lui-même, démolir puis sévir n’ont jamais rien réglé. Comment la Ville pourrait bien vivre si un de ses quartiers vit dans la relégation?

Cette gestion de pompier pyromane se fait au prix de la démocratie. Concentrant les pouvoirs, Mme Thoraval s’attribue des délégations du Conseil Municipal pour des questions liées à la tarification des services publics par exemple. Ailleurs, ce sont des conseils de quartier qui sont laissés dans l’opacité, comme c’est le cas des riverain·es du Chemin des Bœufs, ou encore le refus simple et illégal de la publicité des débats du Conseil Municipal ! En plein crise sanitaire, alors que le contexte exige que l’on prenne soin de notre corps social, c’est une logique passéiste et mortifère qui dirige les affaires municipales.

Nous voulons la transparence, on nous impose le flou

Comme en 2014, Romanais et Romanaises « découvrent » mesures et projets et doivent s’armer de patience et de ténacité pour s’informer et ainsi accéder à leurs droits ou exercer leur citoyenneté.

Nous avons pris l’habitude de suivre les épisodes du feuilleton autour du tènement Jourdan dans les médias et sur les réseaux sociaux des concernés. Mais notre territoire ne peut être la balle que se renvoient un entrepreneur local et une édile municipale. Ce projet 1083-Jourdan était précieux, il avait mobilisé et faisait sens. Comment croire au virage aménagiste version 2021 de la municipalité ? Elle propose désormais un gymnase après avoir proposé en 2016 une résidence de luxe pour personnes âgées , sacrifiant dans les deux cas notre héritage industriel. L’opposition se retrouve sur ce projet en bien mauvaise posture, son chef de file Thomas Huriez étant directement concerné par le sujet comme dirigeant de 1083. Est-ce pour cela que l’opposition ne nous aide pas à y voir plus clair ? Sur le social elle « fait le job », dénonçant les orientations budgétaires aggravant les inégalités et la précarité, mais sur les transitions écologiques et démocratiques elle n’a guère de ligne politique cohérente : Ainsi, la voiture semble toujours prioritaire alors que l’urgence écologique est bien là., rien sur l’alimentation, la remunicipalisation de l’eau, l’adaptation au dérèglement climatique ; rien non plus sur le respect de la démocratie alors même que les élu·es d’opposition font les frais d’un exercice autoritaire du pouvoir.

Nous voulons le monde d’après

Comme celui de  Poitiers, notre collectif “n’est pas écologiste par choix, il est écologiste parce qu’il n’a pas le choix”. Qu’aurions-nous fait ? La continuité des services publics et de la tenue des affaires courantes auraient permis de construire un pacte de confiance avec les services municipaux. En nous attelant à la gestion de la crise sanitaire nous en aurions fait une opportunité de mettre en œuvre de tester notre plan d’action. Les illustrations ne manquent pas : “coronapistes”, plateforme numérique de solidarité, propositions culturelles réinventées pour aller au-devant de tou·tes. Mais surtout, le pilotage de cette crise aurait été l’occasion de mettre autour d’une table, l’ensemble des acteurs de la ville, dans leur diversité, pour commencer à retisser du lien, à découvrir les mutualisations et renforcements possibles des uns et des autres. Une manière pour notre municipalité d’investir un rôle d’animateur de territoire, en intelligence collective, qui rend facile au lieu de contraindre. Un manière d’ouvrir des possibles sans faire exploser la facture, d’articuler les combats contre la fin du monde et les fins de mois difficiles. Et dans cet élan, nous aurions planté cette graine, chantier indispensable des années à venir : celle de l’alimentation, qui vient irriguer nos 3 piliers que sont la justice sociale, la transition écologique et la transition démocratique.


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